Djemila

Une page d’histoire
On l’apelait Cuicul, un nom d’origine berbère. Elle fut donc fondée en 96 ou en 97 de notre ère, sous le règne de l’empereur romain Nerva. Située à 900 m d’altitude, le site, qui occupait une position stratégique de premier plan, était un fleuron de l’architecture romaine en Afrique du nord.
Edifiée entre deux oueds, la ville s’étirait sur un éperon, en moyenne montagne. Elle occupait une excellente position stratégique.
La région bénéficiait alors un climat plus tempéré. Située entre les hautes plaines de Sétif et le littoral des Aures, celle-ci constituait le grenier à blé de l’Empire romain
D’abord occupée par les vétérans, qui exploitèrent cette terre fertile, la ville prospéra vite.
Elle se développa rapidement, attirant les riches propriétaires terriens et les négociants. Cuicul connut son apogée sous la dynastie des Sévères, de 193 à 225. Elle continua ensuite de s’agrandir jusqu’en 283, date où l’empire romain connaît une grande crise.
Au IV siècle, le christianisme triompha dans tout l’Empire romain. Djemila s’agrandit encore, on rajouta des quartiers chrétiens. Des édifices religieux s’élevèrent alors dans la ville.
Les Vandales prirent possession de la ville au Vième siècle, (ceux-ci portent bien leur nom) suivis des Byzantins. Cuicul entama un long déclin à partir de 553. Elle tomba ensuite sous les assauts des armées arabes, qui lui donnèrent le nom de Djemila, « la belle ».
Son histoire devient ensuite obscure. La cité disparaît dans la violence et de la destruction, enfin dans l’oubli.
Est-ce donc toujours ainsi que l’histoire de l’homme se décline?
Mais comme elle devait être belle à son apogée!
Sur les traces des Romains
Nous sommes arrivés à Djemila en fin de journée. Tout baigne dans une lumière dorée. Autour, les collines paraissent onduler comme les vagues d’une mer figée, jouant avec les ombres et les lumières. Au cœur du site, désert, la lumière passe progressivement de l’or au vermeil, puis au fauve, enfin au saphir.
Silence enfin. Sur le site, dans le musée. Ca nous aiderait presque à mieux communier avec la mémoire de ces hommes et de leurs dieux, de leurs croyances, enfin de tout ce qui était leur vie et leur culture qu’ils pensaient éternelles. Mais surtout d’admirer ces vestiges qui ont du être magiques de beauté.
Les temples, les vestiges des maisons, ceux des thermes ou encore du forum, le somptueux théâtre, l’arc de Caracalla, tout y est. Selon l’époque la basilique ou encore le marché aux tissus se voisinent.
Le cardo maximus, la rue principale, et les rues secondaires qui y conduisent nous font remonter le temps.
Il ne nous reste plus qu’à imaginer cette ville, au temps où elle était sillonnée par les pas de ses 10 000 habitants. Ses larges ressources agricoles fournissaient Rome. On y cultivait des arbres fruitiers, des céréales, et on y élevait des chevaux, destinés aux soldats, et du bétail.
Si vous avez du mal à imaginer cette ville en pleine effervescence, alors…
Ne manquez pas la visite du musée.
Celui-ci petit, se visite rapidement mais est passionnant. Des murs entiers sont ornés de superbes mosaïques. Celles-ci proviennent de demeures publiques et privées.
Le musée a un coté un peu hors du temps. Construit et aménagé entre 1911 et 1930, le temps semble avoir stoppé sa course à cette époque.
Ca vous permettra de mieux imaginer la vie quotidienne des Romains, il y près de deux siècles. Les mosaïques vous décriront quelques scènes de la mythologie romaine. Vous y admirerez une superbe scène de chasse.
On y a installé aussi des objets d’usage quotidien, les ancêtres de ceux dont vous vous servez aujourd’hui. (espérons que vous ne vous servez pas d’épée, ceci dit.)
Sur le terrain
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