La voilà enfin, cette ville sortie toute droit des contes des mille et une nuits. À travers nos lectures, on en avait vraiment rêvé.
Embrumés encore après un vol de nuit, nous faisons nos premiers pas sur cette terre inconnue de nous. Notre avion solitaire ressemble soudain à un grand oiseau abandonné.
L’aéroport est désert. C’est le petit matin, mais on a l’impression que le temps s’est arrêté. Derrière une grille, à la sortie, les vautours nous attendent. On les trouve presque toujours à l’ arrivée quelque soit le pays.
Ce sont les chauffeurs de taxis du coin.
On est tout de suite repérés comme le nez au milieu de la figure.
Ils semblent penser:
« On verra bien si l’étranger…
(encore enfariné de son long vol… Il vient à peine de démarrer son processus d’adaptation à cette terra incognita) va se laisser rouler dans la farine. »
« Annonçons leur n’importe quoi comme tarif aéroport-hôtel, on verra bien leur réaction. »
Bref, après les habituelles tractations, dignes parfois d’un lutte sans merci de sumos japonais, on monte dans un des carrosses.
Le long de la route, des petites maisons ocre se succèdent. On croise de vieilles trabans nées au temps du bloc de l’Est.
Elles roulent toujours. De petits taxis jaunes semblent s’envoler sur la route comme une volée de moineaux.
Nous sommes en terre d’Islam.
Pourtant, aucune femme n’est voilée. Elles se promènent en jupe, en robe. La longueur de leurs vêtements s’arrête au dessus des genoux. Rien de provoquant cependant.
Quand on est habitués à voyager dans les pays musulmans, c’est surprenant. Les femmes sont plutôt plus que couvertes, généralement.
Lors de notre séjour, il n’y aura pas non plus d’appel à la prière qui déchire l’air cinq fois dans la journée. A peine une prière chantée d’une voie douce, autour du gardien du site, lors d’une visite d’un mausolée. Les fidèles l’entourent, le temps de se recueillir. Les soviétiques sont passés par là…
Dans les restaurants, la vodka coule à flots, le soir autour des tables, composées d’hommes surtout. Au fil des commandes de nouvelles bouteilles, les couleurs des visages et le niveau sonore change aussi. Des femmes dinent ensemble, entre elles, sans choquer. (Sans vodka, non plus).
Tour de Babel
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