Partez à la conquête de Taiwan

Sans doute le concepteur du métro et du terminus de la gare à Taipei devait être un cousin éloigné de Kafka.

Sortis de notre skytrain, nous avons littéralement été kidnappés par ceux-ci.

Comment sortir???

Nous sommes pris par le syndrome d’Ariane sans fil, tournicotant en rond comme des hamsters pris dans l’éternel quête d’une porte de sortie qui n’existe pas. Serions nous prisonniers d’une quatrième dimension?

M6! Trouvez moi M6!

c’est notre Saint Graal, notre ticket d’entrée vers le paradis.  Non, ce n’est ni une chaine de télévision française, ni le QG anglais de l’espionnage qui aurait perdu son I (MI6) par je ne sais quelle opération du Saint-Esprit.

Plus prosaïquement, c’est la sortie qui conduit vers notre hôtel.

Ce dernier, pour une raison inconnue, a décidé de piquer le nom de Jules-Cesar tout en rajoutant le nom d’un parc qui ne surgit que dans l’imagination de celui qui en lit le titre.

Est-ce à cause de notre esprit encore embrumé de nos 16 h de vol et de deux nuits sans sommeil que notre cerveau refuse de dépoussiérer son service « orientation »?

Alors on tourne…

Les sorties M2 et M3 exit se jettent sur nous, avec un sacré air de nous narguer.  Les escaliers et les volées de marche s’y mettent aussi, on grimpe, on redescend, on change de niveau…

M4 et M5 se laissent surprendre de très mauvaise grâce, quand à M6, elle se fait un point d’honneur à jouer à la fille des airs.

Voila la clé! changer de niveau!!!! Les concepteurs du métro, n’ont rien trouvé de mieux que de mélanger le terminus du train en avec celui du métro.  Ce sont juste les niveaux qui changent.

C’est la première fois que l’on sort d’une ligne de métro ou de train sans savoir si on est dans une gare ou dans un terminus de métro ou sur la planète Mars, tant qu’on y est.

En clair, on n’a jamais compris où on était, et ce n’est pas faute d’avoir sillonné ses couloirs….

Sous terre, une illumination me prend. Je me retourne, et la voila, cette fameuse M6, qui se cachait derrière notre dos à une bonne centaine de mètres… embusquée telle un guépard.

Encore des marches à conquérir, qui s’offrent à nous histoire de nous réveiller un peu. D’escaliers automatiques, que nenni.

Arrivés en haut…. Comme autour de toutes les gares du monde, ces lieux constituent un point d’arrivée, un symbole de tous les espoirs d’une vie meilleure.

Ils peuvent constituer aussi le point de départ d’un voyage merveilleux, ou un au revoir.

Mais une gare, c’est aussi un point d’ancrage ou un écueil.  Ici, beaucoup se sont échoués, et leurs espoirs semblent s’être brises sur le bitume sur lequel ils dorment la nuit aussi surement que le Titanic sur cet iceberg fatal.

Cela ce résume par ces groupes de voyageurs malais ou indonésiens, ou ces Taiwanais venus de nulle part et allant nulle part échoués ici,  sur le bitume.

Ces damnés de la terre ont terminé leur voyage, pour le moment du moins. Il y a les touristes, et puis ceux qu’on a oubliés, comme partout dans le monde. Ils sont restés sur le quai alors que le train du bien être a emporté les autres.

Quand à nous nous avons réussi à nous extirper du sous-sol ferroviaire taiwanais, échappant à sa vigilance.

Mais comment faire pour traverser? Serions nous prisonniers du trafic, cette fois?

Taipei, ce sont des milliers de scooters et de voitures qui se muent en typhon motorisé intempestif.

Enfin, nous avons trouvé une voie de sortie! un passage clouté! Le toit de la gare est en forme de temple et nous sommes dans le cirage.

Nous arrivons dans le tourbillon de clients chinois armés de notre meilleur mandarin pour prendre d’assaut le staff de la réception de l’hôtel. Nous avons adopté à nous quatre une formation en quinconce, en rangs serrés.

Je mène l’assaut, flanqué de mon bras droit, mon ami avec qui nous formons la tête pensante de notre bande des quatre. (mais non je ne suis pas la femme de Mao).

Et nous ne sommes pas en République de Chine populaire. Juste en République de Chine tout cour.

Un réceptionniste contre- attaque en nous servant son meilleur anglais. Celui- ci n’a rien à envier à un jeune diplômé sorti tout droit d’Oxford.

Qui va gagner? Je bats en retraite, mon cerveau est en bouillie, j’entame ma trentième heure sans sommeil, et finalement, soyons honnêtes: ca m’arrange.

Le mandarin sonne le tocsin de retraite face à l’anglais.

Nos quartiers généraux ne seront près qu’à partir de 16h. Il ne nous reste à faire appel à nos dernières sources d’énergie pour explorer Taipei, sous le soleil et la chaleur tropicale. Après un hiver européen épouvantable, c’est un bain de jouvence.

Nous sommes dans un état second, et nous allons repartir à l’assaut des sous terrains de la gare et du métro pour découvrir les temples les plus connus de Taipei.

D’abord, nous reprenons notre nouvelle réincarnation de termites. Nous n’avons toujours pas croisé Ariane qui aurait pu nous donner un fil pour éviter de tournicoter encore une fois sous la terre de Taipei.

L’idée c’est quand même de voir ce qu’il y a dessus. On a quand même réussi à prendre en surface un café glacé ( mais ca on ne le savait pas) dans un café jazz à l’heure ou les Taipei business people chauffent leur moteur avant de démarrer leur journée au bureau.

Comme c’est émouvant, toujours sous terre, nous avons dégusté notre première soupe de nouilles.

Nous partons à la conquête de Taipei et de Taiwan dans un prochain article!

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3 réflexions sur “Partez à la conquête de Taiwan

  1. B’soir
    Vous devez être très fort, vous m’avez donné envie d’aller jeter un œil sur cette île dont je n’ai pratiquement jamais entendu parler, dont je ne connais rien … à l’exception des étiquettes « Made in Taïwan ».
    Merci
    Gilles

    J'aime

    1. Bonjour
      Merci de votre commentaire.
      Je vous conseille vraiment d’y aller, l’ile est petite, donc pas trop de temps de trajet entre deux sites ( max 3h entre Taipei au nord et kaoshiung au sud en TGV local, prix modérés, gens adorables parlant anglais si vous ne parlez pas mandarin, excellent service clients, et paysages et temples superbes, comme je le décris dans mes articles. Il faut compter env 16h de vol via un stop dans une capitale européenne
      , ex Amsterdam avec KLM mais ca vaut le voyage!!
      Comptez donc 15 j sur place pour en profiter
      Je vous souhaite un excellent voyage d avance!
      Marie Laure

      J'aime

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