Kafka genevois…

 

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Sans doute Kafka, lors de l’un  de ses voyages , est-il venu s’inspirer sur les rives Genevoises. Peut être même a t-il  conduit une automobile sur place. Si c’est le cas, son  expérience a probablement  été  à l’origine l’une de ses  sources d’inspiration.

Si vous êtes de passage à Genève, pourquoi ne tenteriez  vous pas cette expérience?!

Quel challenge!

Ce sera l’occasion d’observer une nouvelle version de l’art moderne suisse. En route, observez le marquage au sol… Des lignes jaunes, bleues, ou oranges, croisent, recroisent ou font demi-tour sur des lignes blanches. Elles viennent former de jolis nœuds avec les rails des trams. Des flèches, quant à elles se jettent dans la mêlée. Elles vont  en diagonale,  à droite, à gauche, enfin n’importe où, et vous lancent n’importe où aussi. Les arrêts de tram, quant à eux, vous attendent derrière un tournant et  peuvent vous coincer au milieu de nulle part…

Il y  a aussi les rectangles des places de parking changeant de couleur selon l’humeur de l’artiste qui les a créés. Ils sont bleus, blancs, ou transparents. Un panneau en forme de carré au bord du trottoir indique  les horaires de parking permis. Il faut donc rajouter un carré- horloge  conséquent sur votre voiture. Dans cette affaire, tout n’est que carré. Et gare à dépasser les horaires permis par le dit carré!

Les cyclistes roulent sur  les couloirs spéciaux, observant des feux rien que pour eux. S’ajoutant au ballet des flèches,  des couloirs sont spécialisés  aux  » taxis, bus, vélos »… Les orfèvres du code de la route suisse pourraient  aussi rajouter: « chars à bœufs » sans que ca ne gêne personne, selon moi. Il y a aussi les places de parking pour bicyclettes et motos…

Les prunes atterrissent sur mon pare brise telles des feuilles d’automne. Je n’ai jamais élucidé le mystère de l’origine de certaines d’entres elles.

Mais revenons à notre volant, en route vers quelque part… Sur le ring de la circulation routière, les flèches dessinent de belles diagonales, des points d’interrogation ou de belles arabesques.

Ajoutez à cela les feux:

D’abord, il y en a tous les 100m. Ils sont vert pendant deux secondes et rouge pendant trois heures. Prévoyez large lorsque vous vous rendez quelque part. Faites attention: les flèches viennent se rajouter sur les feux. Ne tournez pas à gauche quand le feu vous indique que vous êtes obligés de tourner à droite… Il faut  aussi regarder la flèche blanche  dessinée sous vos roues.

Il  y  a  en  général  deux ou trois feux  collés ensemble. Chacun correspond à une voie. Il faut donc avoir un œil sur l’un d’entre eux, un autre par terre et un troisième œil surveillant la circulation. N’ayez crainte: conduire à Genève est une question d’habitude.

Si vous ne comprenez rien aux flèches ou ratez un panneau, préparez vous à partir en  orbite autour de Genève pour un temps indéfini…

En effet, ici on ne vous laisse pas changer de file, non, non et non!

Il ne faut pas oublier de regarder les panneaux au dessus de vos têtes non plus..

A cela, viennent s’ajouter les piétons, qui se jettent sous vos pneus à n’importe quel passage piéton. Ils ne regardent rien du tout. Et pour cause: en Suisse, telles les vaches sacrées indiennes – ou suisses en l’occurrence -on  s’arrête devant eux. En tant que piéton, ne traversez point quand le bonhomme vire au rouge: tout véhicule se transformera alors en char d’assaut, cap  sur vous.  Ca ne rigole pas! Logique, direz vous, mais faut dire qu’on a oublié cette évidence un peu partout…

Dans beaucoup de pays dans le monde, le plus gros a raison sur le plus petit, mais ici, le plus petit a raison sur le plus gros, si il respecte les règles.

N’oublions pas  les panneaux de limitation de vitesse. Les  radars sont  tapis tel un très gros troupeau de  tigres dans cette savane civilisée. Ils adorent faire des orgies de voitures indisciplinées. Toujours cachés quand on pense le moins à eux…  Ces engins tordus seront ravis de faire une jolie photo de vous  en pleine descente, emporté par votre élan..

Nous habitions Alger avant de venir à Genève. Là bas, il y avait un seul feu qui marchait dans toute la ville, le reste de la circulation étant géré par les agents de police. Le chaos noir de la circulation algéroise aux heures de pointe me parait moins impressionnant que tous ces signes cabalistiques suisses auxquels on ne comprend rien du tout, du moins au début, et pas toujours plus tard…

En conclusion, prenez le bus, le tram, votre bicyclette, utilisez vos pieds! Prenez le bateau, votre trottinette ou montez à cheval ou à dos de vache si vous en trouvez une,  mais sacrebleu, cachez votre voiture dans le premier parking venu!

 

 

 

 

 

 

 

 

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