Plongée dans la jungle…

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La berceuse d’une pluie tropicale

Ce n’est pas une plongée marine mais terrestre..

Ce n’est pas une plongée routière dans les méandres des courbes sinusoïdales genevoises ou suisses.

Voyageurs, nous ne savons plus distinguer entre l’eau et la terre, le vert de la forêt et l’émeraude  des rivières gorgées des eaux tropicales en saison des pluies

Sous l’équateur, il y a juste une saison un peu plus sèche que l’autre.

Explorateurs des mystères de la jungle de Bornéo, nous partîmes un matin en  expédition dans  la foret primaire. Nous n’arrivions pas en conquérants mais en voyageurs assoiffés de tout apprendre, de tout découvrir.

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De l’eau, que d’eau, à propos. Notre embarcation survole les petites rivières qui s’ouvrent difficilement un chemin dans les mangroves, bordant les lianes enchevêtrées à un tel point qu’on ne sait plus où est le début de la fin, y  en a t il seulement un?

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La brume matinale se déchire sur des pains de sucre, on virevolte sur les eaux. On croise les villages Hakkas, les « long houses » des maisons communautaires juchées sur  des pilotis salutaires.

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Lorsque l’on met pied sur une terre plus ou moins ferme, l’eau a déjà fait disparaitre le sentier qui doit nous conduire à une grotte si grande qu’on en connait le début mais à peine les extrémités. C’est une sculpture de la Terre lorsque celle ci s’est formée  au matin du monde.

Grumpy, même à l’autre bout du monde

Une blondasse nous tire de nos rêveries. Elle  braille parce qu’ elle ne veut pas mouiller ses chaussures. Son compagnon – le pauvre- fait semblant de ne pas la connaitre, ou à peine… Elle montre sa mauvaise humeur à la face du monde, et surtout à la notre.

On voyage  toujours avec soi même; et tant pis pour les compagnons d’infortune du « soi même ». Mais que diantre est-elle venue faire ici?

Nous sommes ravis, nous avons trouvé notre clown.  Mais on s’en passerait, et largement! On va la donner à manger au premier jaguar ou calao venu.  On aura plus de chance avec un crapaud buffle.  Mais peut-être qu’ils n’en voudront pas.

Notre clown enlève ses chaussures devant chaque bout de sentier inondé, c est à dire tout le temps, au risque de se faire piquer ou mordre par quelque monstre patibulaire version miniature planqué dans l’eau.

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Notre  guide est plié en quatre et lui rit au nez,  et nous aussi, devant le grotesque de la situation. Il faut dire que lui travaille pour les villageois chassés par les promoteurs de Bornéo…

O touristes qui  n’aimez pas mouiller vos chaussures, les clubs de vacances sont faits pour vous!

Rien que la Terre..

Pendant ce temps là, on s’extasie sur les arbres hauts de 30m et leurs racines larges de quelques mètres. On s’enfonce dans les entrailles de la Terre, dans cette grotte formée à la nuit des temps.

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On suit le cours du fleuve devenu souterrain qui a creusé des chemins sur des dizaines de kilomètres sous le sol. C’est une cathédrale, éclairée par des trous de lumière à des dizaines de mètres au dessus de nous. On grimpe, on descend, on fait des tourbillons selon l’humeur du sentier et les courbes de la Terre.

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En ressortant du cœur de la terre, nous sommes tous dans un état extatique. à part la blondasse qui a failli se cogner aux parois,  a du beaucoup marcher et a mouillé ses chaussures et même son pantalon!!!

Elle part n’ importe où, au risque de se perdre dans la foret, mais si c’est le cas, tant mieux.  La jungle a fait de son mieux, mais n’a pas réussi à la noyer. Même les fourmis de feu n’en voulaient pas.

Que d’eau!

En revenant à nos quartiers, le pont qui surplombait nos têtes, vu de la rivière avait perdu 5 m de hauteur… ou était ce l’eau qui était montée? Des coreligionnaires partent tirant leurs valises à roulettes, tels des souris fuyant le navire.

On a vite compris pourquoi: les sentiers conduisant à nos bungalows disparaissaient à vue d’œil sous nos yeux. Le fleuve reprenait ses droits comme si il voulait effacer nos traces…

Petites eaux qui montent, qui montent qui montent…. Nos demeures résistaient, juchées sur leurs pilotis tels de grands échassiers..

Nous avions de l’eau aux pieds, puis aux mollets, puis à la ceinture, puis à la poitrine…. enfin aurions eu, si nous n’avions pas été sauvés par les barques de nos amis du coin…DSC02515

En barque, nous sommes allés chercher nos valises.  L’eau montante était source d’inspiration pour les indigènes à pattes de la jungle… Beaucoup de petites bêtes du coin  n’aiment pas être inondées non plus. Les fourmis de feu, et centipèdes ultra venimeux, bien cachés en temps normal, s’introduisaient sans carton d’invitation dans notre embarcation

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Plus d’électricité, plus de sentiers, bientôt plus de bungalows, zut, nous fumes contraints nous aussi de quitter le navire du quartier général du parc..

 

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La blondasse (la même que tout à l’heure, oui, oui)  ne voulait pas non plus porter sa valise. Inutile de vous dire, que pour le coup, elle était passée, physiquement, du rouge au violet de rage.  Nous on s’amusait bien en l’observant, mais  le type qui avait eu la bonne idée de partir avec elle, moins, apparemment. Pas de piranhas  en vue, zut, il aurait fallu les importer d’Amazonie.

Mais, ahha! les Malais ont le sens du business! Nous sortions de cet état sauvage, très intéressant pour nous mais beaucoup moins pour les locaux, pour être conduits.. au Mariott!

 

AAAAAAh!!!! Nous rejoignions les quartiers de cet hôtel magnifique. Ses bâtiments d’architecture traditionnelle,sur pilotis aussi,  faisait figure d’ilot après le naufrage.  Le site était épargné par l’inondation

La blondasse avait disparu, finalement avalée par la jungle.

Nous, étions, pour notre part, ravis, sur cet ilot de luxe cerné de foret vierge.  On déambulait au soir, sous les nuées d’hirondelles parties en chasse à la tombée du jour, et en extase devant cette nature délirante, sauvage, entourée de pains de sucre

Amoureux de la jungle et de  Bornéo, nous ne saurions que trop vous conseiller de partir à la découverte  de ce coin du monde.

Le cœur de la forêt vierge me parait moins obscur qu’une route genevoise. Il faut dire que à Bornéo, on ne se retrouve pas par erreur sur une ligne de tram à l’envers sans sortie de secours.

Si vous aimez perdre vos repères, vous fondre dans la nature, la jungle répondra à vos attentes. Elle laisse libre cours à sa créativité, on a envie d’aller loin, toujours plus loin, on se sent tout petit devant cette splendeur.

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