Sautez hors du bus, ou de votre taxi, ou du dos de l’éléphant qui vous aura amené jusqu’à Meinong. Courez chez un loueur de vélos. Louez-le à la journée, cela vous évitera de courir trois fois de suite -comme nous- chez le loueur pour prolonger la location.
Celui-ci peut vous donner une casquette, fort utile sous un soleil de plomb, même en Mars. Faites votre réserve d’eau. Votre loueur vous confiera une carte des sites à visiter.
C’est bien celle-ci dont je vous parlais au début de mon article. Elle est très jolie, mais vous la tiendrez peut-être en diagonale ou la tete en bas. C’était aussi notre cas.
Démarrez ensuite. Si cela peut vous rassurer, il y a des flèches susceptibles de vous indiquer la bonne direction.

Il y aura forcément un chemin qui vous ramènera à Rome ou à bon port. Sinon, n’hésitez pas à demander à un villageois, il vous donnera le cap. Ils sont adorables.
Cap sur le lac Zhongsheng.
Il y a un petit chemin qui en fait le tour.
Sous un soleil qui peut être de plomb, asseyez-vous à l’ombre d’une ombrelle pour une partie de pêche en compagnie des habitants.
Ou observez d’autres hôtes de passage qui se livrent à la même activité.
Vous croiserez peut-être aussi un musicien solitaire, en train de faire des gammes, à l’ombre d’un arbre.

Le fief de la minorité Hakka
Dès 1736, le village a été peuplé en majorité par cette communauté. On compte 4 millions de Hakkas à Taiwan aujourd’hui, soit 15 pour cent de la population taïwanaise.
Elle compose 90% de la population de Meinong aujourd’hui.
« Hakkas » signifie « familles invitées ». Comme elles ne disposaient pas de titres de propriétés sur leurs terres, elles se sont installées dans les montagnes et les environs. Leur centre d’intérêt essentiel?
L’éducation. Celle-ci leur permettait de créer une richesse non matérielle et de surcroît mobile.
Beaucoup de fonctionnaires impériaux étaient originaires de Meinong. De nos jours, un très grand nombre de Hakkas est titulaire de PhD.
Les communautés sont très unies entre elles.
Autrefois, le village était florissant, c’était la zone de production de tabac la plus riche de Taiwan. Mais l’entrée de Taiwan à l’OMC en 2002 fit péricliter cette industrie qui perdit son monopole. Meinong se reconvertit alors dans le tourisme.
Meinong est connu dans la fabrication d’ombrelles de papier huilé.
Pour la minorité Hakka, la famille est très importante et le cercle des ombrelles parfait symbolise la cohésion familiale.
On les offre lors des mariages traditionnels car la prononciation du mot papier en chinois » zhi » ressemble au « zi » signifiant garçon; Ce cadeau doit donc favoriser la fécondité.
Le musée de la culture Hakka
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