Lukang à Taiwan ou les joies pleines d’inepties du voyage.

Arrivés en ville, nous passons au processus classique. Sortant de la gare, nous mettons le cap sur l’hôtel.

Notre professeure de chinois, taiwanaise, nous accompagne quelques jours.

L’hôtel  ressemble à s’y méprendre à un garage au bord d’une autoroute.

Ça doit être une erreur, me dis-je.

La réception ressemble plus au Q.G des mécaniciens qu’à autre chose. Le personnel s’est doté d’une amabilité digne de celle d’un pot de chambre, ou presque.

À Taiwan, tout comme en Asie en général, où on est tellement habitués à vivre en permanence le dicton « Client is king »  ca nous fait tout bizarre.

Le visage de notre prof s’est fermé depuis notre arrivée. Celle-ci  jaillit comme un boulet mis à feu par le canon dernier cri.

Elle sort de ce qui est supposé être la réception et clame:

« Mais c’est un hôtel de passe »!

Vive le guide de voyage que j’avais consulté dont je tairais le nom et le ou la soi disant auteure écrivait de sa plume d’oie:

 » Ce motel superbement décoré est la meilleure adresse de la ville. Un peu à l’écart de la ville … 

(la ville a du rattraper l’hôtel, on allait au centre à pied)

… chic et très confortable pour le prix. Il vaut bien un petit détour ».

C’est le moins qu’on puisse dire!

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Sonnons l’hallali sur cette honte de la profession!

Si vous êtes une célébrité, ou si vous voulez rester dans l’anonymat total, l’hôtel est fait pour vous. Vous pouvez débarquer en voiture, la garer dans votre parking privé et fermer la porte. Un escalier au fond conduit directement à la chambre. C’est une forteresse, vous ne croiserez pas votre voisin, planqué lui aussi.

Le rez- de- chaussée de l’hôtel est donc une cour, flanquée de boxes, rehaussés de gros numéros pour repérer ses quartiers. Les portes sont ouvertes ou fermées selon l’ occupation.

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Très romantique…

Les murs, quand à eux, ont renoncé à essayer d’arrêter les sons…

Un des 200 interrupteurs de ma chambre, déclenche  le chant d’une armée d’oiseaux très braillards. Reste à trouver le bouton « off » parmi les 199 autres, sur le tableau de bord digne du cockpit d’un Boeing long courrier, ou d’un A320.

Celui correspondant  à « comment faire taire les piafs » demeure invisible. Zut.

Il faut  ensuite que je détermine l’exacte location des boutons censés éteindre le fameuses 200 lumières installées vraiment n’importe où.

Quand l’une d’entre elles est enfin neutralisée, deux ou trois autres prennent la relève, en plus d’un écran. L’éclairage prend des tons fantomatiques. Mais je ne leur ai rien demandé!

Concentrée sur le dressage de ces lumières à  la noix, je réalise seulement ensuite que, dans cette chambre, je ne suis plus toute seule, je suis  cinquante.

je me suis démultipliée sur les cinq cent miroirs installés partout. Un palais des glaces pour moi toute seule, si par hasard, j’étais assaillie par une crise de narcissisme aigu, ou si je devais vérifier la perfection de ma tenue avant de prendre le lead au G20.

Je vous épargne les cinquante écrans TV et les deux PC (datés des années 1990 ceux là) sur presque chaque cm2 de la pièce, le lit extremely king size, mais visiblement très fatigué etc…

La moquette sur les murs, ou ce qui y ressemble, aurait bien besoin d’une bonne cure de jouvence.

L’ambiance est glauquissime.

Ma chambre me donne envie de courir me refugier dans le palace du coin. Celui-ci est hypothétique, il n’y en a  pas.

re-Zut.

Soyons philosophes, ce n’est que pour une nuit, mes compagnons de route trouvent leur propre chambre rigolote. Je tourne en rond en attendant le matin.

Mais que diantre sommes nous allés faire dans cette galère?

Le lendemain, des hommes – solitaires uniquement -,  à la mine enfarinée, sont attablés  à coté d’un buffet qui n’en a que le nom. Ils m’observent avec la même discrétion et fascination que si j’avais été un astronef en provenance de Pluton.

Pour faire abstraction, je pars à la chasse de deux bouts de toasts en position de repli.

Ils  se battent en duel  au niveau de mes pieds, en dessous du café instantané.

Ouf, mes compagnons de route arrivent. Je peux faire front.

Mais ce Lovhotel nous fait bien rigoler. Ma prof a découvert les équipements de ce genre de chambre et tout le monde rigole bien.

C’est une expérience. Nous croisons une Lexus. Le fenêtre s’ouvre, un bras masculin tend des sesterces à un autre bras qui lui tend une clé.

La vitre fumée de la voiture se referme, le véhicule se précipite dans un des boxes installés en enfilade, la porte se  referme, et le tour est joué.

Pas d’épanchements en « au revoir »- ou plutôt « Adieu » aux tenanciers. Car, pour le coup, c’était vraiment des tenanciers.

Pour nous, une nouvelle expérience venait d’être faite.

La seule chose pas glauque dans l’endroit, constituait en une mare qui abritait les traditionnels poissons bicolores de bonne fortune chinois et crapeaux buffles.

Partons à l’assaut de belles choses dans cette ville

Longshan Temple

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